(Franklin Schaffner, États-Unis, 11 sept. 1956)

J’étais très stressée et nerveuse à l’idée de tourner cet épisode en direct et sans aucune possibilité de deuxième prise ! J’étais tellement angoissée que je suis allée voir un médecin qui m’a donné un calmant juste avant le tournage.

Marisa Pavan Aumont

« Ceux qu’on n’enterre pas errent éternellement sans jamais trouver de repos. »

Antigone, Jean Anouilh (1944), Acte I, scène 17

Introduction

“Antigone” est un épisode télévisé dramatique d’une heure en noir et blanc, tourné en direct et produit par la série américaine The Kaiser Aluminum Hour. 5ème épisode de la saison 1, il a été réalisé par Franklin Schaffner et diffusé sur les écrans le mardi 11 septembre 1956 sur la chaîne National Broadcasting Company (NBC), entre 21h30 et 22h30 (heure de New York). Produit par Franklin Schaffner et Worthington Miner, l’épisode revisite le mythe grec d’Antigone, fille du roi de Thèbes Œdipe et de la reine Jocaste (également mère d’Œdipe et donc grand-mère incestueuse d’Antigone). Le scénario de l’épisode, écrit par Lewis Galantiere, est directement basé sur l’adaptation moderne de ce mythe en 1944, dans la pièce Antigone de l’écrivain et dramaturge français Jean Anouilh.

L’“Antigone” de Schaffner incarne et transpose le mythe d’une époque très ancienne et classique dans une époque contemporaine aux us et coutumes complètement différents. Il est intéressant de voir comment les Américains des années 1950 traitent un tel sujet pour la télévision, et comment les acteurs, notamment Marisa et Claude Rains, interprètent des personnages au tempérament à la fois explosif, conservateur et avant-gardiste pour la société antique dans laquelle ils vivaient. Cependant, malgré leurs personnalités opposées, il existe un lien inconscient et magnifiquement bien représenté dans l’œuvre de Schaffner entre ces deux personnages et qui est également très présent entre Marisa et Claude Rains. Une dualité théâtrale comme nous en voyons rarement et qui mérite une belle accréditation !

À propos de la série…

La série The Kaiser Aluminum Hour produisait des épisodes dramatiques d’une heure en noir et blanc, tournés en direct sur la chaîne NBC et présentés le mardi soir entre 21h30 et 22h30 (heure de New York). Les épisodes étaient diffusés une semaine sur deux, en alternance avec une autre série, Armstrong Circle Theatre, qui présentait ses épisodes le même jour et à la même heure. Le premier épisode de la série a été diffusé le 3 juillet 1956, et le dernier, le 18 juin 1957. Une série composée d’une seule saison et de 25 épisodes et qui a ainsi duré moins d’un an.

The Kaiser Aluminum Hour était produite par Unit Four Productions, un groupe composé des producteurs Worthington Miner, Franklin Schaffner, Fielder Cook et George Roy Hill. Wortington Miner était le fondateur et producteur exécutif de la série et d’autres réalisateurs comme David Susskind, Alfred Levy, Paul Bogart, Ira Cirker et Paul Lammers ont participé également au succès de la série. En septembre 1956, Marisa avait déjà eu l’occasion de travailler un an et demi auparavant avec Schaffner sur le tournage de “Dominique”, un épisode également produit par Worthington Miner pour la série Westinghouse Studio One et diffusé sur la chaîne Columbia Broadcasting System (CBS) le 28 mars 1955.

Selon la description de J.E. McKillop publiée sur le site de la célèbre base de données cinématographiques d’Internet (IMDb), la série « présentait des scénarios plus ou moins dramatiques et engageait des acteurs à la fois connus et moins connus », ce qui est le cas dans “Antigone” avec Claude Rains qui était déjà une légende de l’écran à l’époque du tournage et Marisa qui faisait ses débuts à la télévision.

La série était sponsorisée par l’entreprise commerciale américaine Kaiser Aluminum, dont le slogan publicitaire était “Kaiser Aluminum – The Bright Star of Metals”. Cette entreprise produisait toutes sortes d’objets en aluminium résistant, destinés à la vente. Le terme ‘Kaiser’, désignant le nom original donné aux empereurs allemands et autrichiens, met l’emphase sur la solidité des matériaux en aluminium et la puissance de la marque américaine. Dans les années 1950 aux États-Unis, la marque fabriquait des plateaux télé très prisés grâce à la nouvelle mode des ‘TV dinners’, un mode de consommation des Américains qui achetaient leurs ‘TV dinners’ individuels afin de profiter au maximum des avantages de la télévision dans leurs foyers. L’épisode “Antigone” est d’ailleurs précédé d’une longue publicité pour les plateaux des ‘TV dinners’ de la marque Kaiser Aluminum. (1 et 2)

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À propos de Franklin Schaffner…

Né le 30 mai 1920 à Tokyo (Japon) et décédé le 2 juillet 1989 à Santa Monica (Californie, États-Unis), Franklin Schaffner, de son vrai nom Franklin James Schaffner, était l’un des réalisateurs américains les plus réputés et les plus en demande lors des débuts de la télévision par sa capacité à effectuer des travellings, des gros plans et des mouvements de caméra intéressants, tandis que d’autres réalisateurs se contentaient de filmer les épisodes en direct avec un plan-séquence plutôt fixe, selon le site de la célèbre base de données cinématographiques d’Internet (IMDb). De nos jours, Schaffner est mieux connu pour son film The Planet of the Apes « La Planète des Singes », qu’il a réalisé en 1968 et qui est considéré comme un classique et l’un des meilleurs films de la fin des années 1960. Avec une quinzaine de films à son actif et plusieurs travaux dans la télévision, il a également gagné l’Oscar du meilleur réalisateur en 1971 pour son film Patton qui, à lui seul, a remporté 7 Oscars. Schaffner a également été le conseiller télévisuel de John F. Kennedy, 35ème Président des États-Unis. Il n’est pas surprenant de constater qu’ensuite, il a réalisé le film The Best Man « Que le meilleur l’emporte » en 1964, un film ayant pour thème le monde de la politique et des élections américaines.

Le mythe d’Antigone

Voici une présentation du mythe d’Antigone suivie d’un résumé de la mise en scène de ce mythe dans les pièces de Sophocle et d’Anouilh qui, je l’espère, vous aidera à comprendre les relations tumultueuses entre Antigone et Créon et à apprécier par la suite le talent de Marisa et de Claude Rains dans “Antigone”. Cette présentation sera illustrée par quelques idées et arguments piochés dans la thèse universitaire de Mohamed El-Sayed Hawash, écrite en français et intitulée Le mythe d’Antigone chez Sophocle et Jean Anouilh, thèse présentée à la Faculty of Graduate Studies and Research de l’Université du Manitoba à Winnipeg (Canada) et écrite en octobre 1976.

Il faut savoir que le mythe d’Antigone a engendré la création de beaucoup plus d’œuvres littéraires, poétiques, théâtrales, musicales et cinématographiques au cours des siècles que seulement celles de Sophocle et d’Anouilh, évidemment. De nombreux écrivains, critiques, poètes et dramaturges comme Robert Garnier (XVIème siècle), ou plus récemment, Jean Cocteau, Léon Chancerel, et même le compositeur Míkis Theodorákis, ont également adapté le mythe d’Antigone sous diverses formes d’art, toujours en accord et avec une attention particulière sur la société contemporaine dans laquelle ils vivaient. La pièce d’Anouilh, qui a été écrite et jouée lors de la Seconde Guerre mondiale, peut ainsi être facilement considérée comme un pont entre deux mondes temporellement éloignés mais pourtant extrêmement liés par des thèmes comme la révolte, le risque, la désobéissance, mais aussi, l’amour et la fidélité. Ces thèmes sont transposés dans un monde en guerre et en proie à la révolte à travers l’œuvre d’Anouilh, pour être par la suite adaptés et filmés pour la télévision américaine une décennie après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans une société de consommation utopique qui n’a pas connu tous les ravages et horreurs de la guerre sur le continent européen.

Avant de parler plus en détail des œuvres de Sophocle et d’Anouilh, voici un résumé des origines et de l’histoire d’Antigone… Tout d’abord, l’histoire tragique d’Antigone suit celle de son père Œdipe, roi de Thèbes.

Le mythe d’Œdipe, mieux connu de nos jours à travers le concept psychique du complexe d’Œdipe introduit par le célèbre médecin et neurologue autrichien Sigmund Freud, fait partie de ce que l’on appelle « La malédiction des Labdacides ». Œdipe est le fils de Laïos, roi de Thèbes, et de sa femme, la reine Jocaste. Lorsqu’il est bébé, Œdipe est frappé d’une malédiction divine qui le destine à assassiner son père et à épouser sa mère à son insu dans le futur. Selon la légende, cette malédiction aurait été engendrée par le père de Chrysippe, un jeune homme qui aurait été enlevé par Laïos à des fins d’actes homosexuels. Horrifiés par ce sort, le roi et la reine décident d’abandonner leur enfant après lui avoir fait percer les pieds (d’où son nom Œdipe signifiant littéralement ‘pieds enflés’ en grec). L’enfant est confié à Polybe et Mérope, roi et reine de Corinthe par le serviteur chargé d’exécuter l’ordre. Quelques années plus tard, Œdipe se fait dire par un Corinthien apparemment ivre qu’il a été adopté et apprend la malédiction qui pèse sur lui. Convaincu que Polybe et Mérope sont ses véritables parents, Œdipe quitte la ville de Corinthe et rencontre en chemin un vieil homme qui lui demande un peu trop sèchement de s’écarter de son chemin. Piqué au vif, Œdipe le tue sans savoir qu’il s’agit de son propre père, Laïos. Une fois arrivé à Thèbes, il réussit avec succès l’épreuve du Sphinx qui fait régner la terreur aux portes de la ville et qui se suicidera par la suite. Œdipe est proclamé roi de Thèbes par les habitants de la ville pour le remercier d’avoir provoqué la mort du Sphinx et épouse ensuite la reine, veuve de Laïos, sa propre mère. Ensemble, ils auront quatre enfants : Etéocle, Polynice, Ismène et Antigone. Plus tard, lorsqu’Œdipe apprend la terrible vérité, il quitte Thèbes, déshonoré et humilié, et se crève les yeux.

L’histoire d’Antigone commence alors…

Après avoir accompagné leur père Œdipe jusqu’à sa mort, Antigone et sa sœur aînée Ismène reviennent à Thèbes où elles assistent aux querelles permanentes de leurs frères Etéocle et Polynice pour l’accès au trône. Les deux frères se mettent finalement d’accord pour régner tous les deux en alternance, mais au moment où Etéocle doit céder sa place à Polynice, il refuse. Polynice provoque alors une guerre contre son frère et la ville de Thèbes. Etéocle et Polynice meurent tous les deux lors de cette bataille, et Créon, frère de la reine Jocaste et oncle d’Œdipe et d’Antigone, devient alors roi de Thèbes.

La révolte d’Antigone commence lorsque Créon décide d’organiser des funérailles dignes de ce nom pour son neveu Etéocle, mais de laisser ‘pourrir’ le cadavre de Polynice en pleine nature à cause de sa trahison. Très attachée à sa famille et aux traditions religieuses, Antigone refuse cette situation et se révolte contre Créon. Pour elle, Polynice était son frère au même titre qu’Etéocle et il a le droit d’être enterré comme son frère selon les rites religieux traditionnels. Il est inenvisageable que son corps soit laissé à l’abandon !

La plus grande partie de tous les ouvrages littéraires et artistiques relatant du mythe d’Antigone concerne la confrontation entre Antigone, qui se révolte et conteste la décision de son oncle, et Créon, qui tente d’assagir et d’avertir sa nièce qu’elle risque la condamnation à mort si elle continue à s’obstiner à lui.

Après de nombreux avertissements de la part de Créon, Antigone décide de lui désobéir et d’enterrer son frère malgré l’interdiction. Son histoire se termine lorsqu’elle est condamnée à mort par son propre oncle. La façon dont elle meurt varie cependant selon les différentes adaptations du mythe. Un autre personnage qui joue un rôle essentiel lors de la mort d’Antigone est Hémon, fils de Créon et fiancé d’Antigone. Profondément affecté par la mort de sa bien-aimée, il se suicide directement sur son corps à la fin de l’histoire. Ismène tente elle aussi de se donner la mort après la condamnation de sa sœur. Cet amour entre Antigone et Hémon, qui sont en fait cousins de sang, est évidemment amplifié dans l’ “Antigone” de Schaffner (car les Américains aiment amplifier les histoires d’amour, c’est bien connu !)

Le mythe d’Antigone dans la pièce de Sophocle

Sophocle a composé sa pièce Antigone en 442 avant J.C., pièce qui faisait partie d’une trilogie avec les tragédies Œdipe roi et Œdipe à Colone. Après lecture du résumé des cinq épisodes de la pièce de Sophocle dans la thèse de Mohamed El-Sayed Hawash, j’ai remarqué que le mythe d’Antigone était traité avec beaucoup de poésie malgré la tragédie. Antigone confronte Créon à de nombreuses reprises mais elle engage également de longs dialogues avec sa sœur Ismène, qui malgré son indignation face à la décision de Créon, refuse de désobéir au roi. Hémon menace son père de se tuer s’il s’obstine à vouloir condamner Antigone. Lorsqu’un devin nommé Tirésias accompagné (ou symbolisé par) d’un enfant apprend à Créon que faire ‘pourrir’ un cadavre causerait du tort aux dieux et aux traditions religieuses de la ville de Thèbes, il lui conseille grandement de « revenir sur sa décision » (El-Sayed Hawah, 5ème épisode, p-13) afin d’éviter toute autre tragédie divine. Créon finit par accepter et décide d’enterrer Polynice. Malheureusement pour lui, il est trop tard ! Antigone s’est pendue avec sa ceinture dans le trou où elle était censée restée enfermée jusqu’à la mort. En apercevant son fils Hémon dans le trou, celui-ci lui crache à la figure puis s’enfonce une lame dans le ventre.

La poésie et la présence divine sont ainsi exploitées dans la pièce de Sophocle, en plus de la confrontation principale entre Antigone et Créon.

Le mythe d’Antigone dans la pièce d’Anouilh

Jean Anouilh a pensé et écrit sa pièce Antigone en 1942 et elle a été représentée au Théâtre de l’Atelier, à Paris, en 1944. Selon la thèse de Mohamed El-Sayed Hawash, plusieurs différences sont visibles dans la pièce d’Anouilh par rapport à celle de Sophocle.

La différence majeure entre les deux pièces concerne les décors. Chez Sophocle, l’action se déroule à Thèbes, devant le palais de Créon, tandis que chez Anouilh, le décor est neutre avec seulement la présence de quelques portes. La confrontation entre Antigone et Créon reste tout aussi intense mais certains passages et personnages divins comme Tirésias ont été retirés. À la place, Anouilh ajoute le personnage de la Nourrice, à qui Antigone se confie énormément, ainsi que plusieurs gardes. Sans doute pour remplacer le nombre de prêtres et devins et de créer une ambiance plus proche de la réalité de la Seconde Guerre mondiale. Le personnage d’Antigone chez Anouilh est plus porté vers le stéréotype d’une adolescente ou jeune adulte en proie à la révolte contre l’autorité plutôt qu’à une femme assagie et conservatrice, très proche de la religion comme chez Sophocle.

“Antigone” : la mise en scène d’une révolte juvénile contre l’autorité

“Antigone” n’est pas un épisode comme les autres de cette époque tournés aux États-Unis. Il est beaucoup plus théâtral, que ce soit au niveau du scénario, des décors, des costumes, ainsi que du déplacement et du jeu des comédiens. (Basé sur une pièce de théâtre vous allez me dire !) La révolte juvénile contre l’autorité dont il est question dans l’épisode concerne la contestation de la loi instaurée par Créon, nouveau roi de Thèbes, de laisser ‘pourrir’ le cadavre de son neveu Polynice qui est considéré par son oncle comme un traître et un ennemi de la patrie. Antigone, nièce de Créon et sœur de Polynice, se révolte et va jusqu’au bout de sa décision pour enterrer son frère comme il se doit. Sa malheureuse révolte lui causera la condamnation à mort.

L’épisode est drôlement découpé car il commence après environ quatre minutes de publicité pour la marque Kaiser Aluminum, entrecoupée du générique d’ouverture de l’épisode. Après une première publicité d’ouverture pour la marque, le générique d’ “Antigone” est annoncé, avec en arrière-plan, les acteurs immobiles ou se déplaçant parfois d’un endroit à un autre sur le plateau, tel des zombies. Le cadavre de Polynice, revêtu d’un simple sous-vêtement, repose sur une structure en bois moderne surélevée de manière à ce que le cadavre soit bien visible et exposé aux lumières du plafond de la scène comme pour représenter son exposition au soleil dans le mythe. Des gardes casqués et habillés de noir se tiennent immobiles et accroupis près de la structure. Une deuxième publicité apparaît pour la présentation des plateaux télé en aluminium pour les ‘TV dinners’ des Américains, puis l’épisode commence.

La manière dont l’épisode est présenté est également originale et nous donne un résultat à la fois très théâtral, cinématographique et télévisuel. Le narrateur de l’histoire, Alexander Scourby, nous raconte les éléments de l’histoire essentiels à la compréhension des dialogues des personnages. Il est le narrateur de l’histoire d’Antigone au début, pendant et à la fin de l’épisode. Scourby est filmé soit immobile, face à la caméra et au spectateur, soit déambulant sur la scène sur laquelle les personnages sont figés dans le temps et filmés de plus en plus près. (3) Pendant et à la fin de l’épisode, Créon est accompagné d’un enfant, qu’il appelle “My lad” et qui ne prononce quelques mots qu’à la toute fin de l’épisode : “I don’t know Sir…” ou encore “Oh yes Sir!” lorsque Créon le questionne indirectement sur les responsabilités les plus difficiles du monde des adultes. (Ici, la condamnation à mort d’Antigone). Cet enfant est intrigant et fascinant car nous n’avons aucune idée du personnage qu’il représente. Un jeune élève ou accompagnateur de Créon ? Quelqu’un de la famille ? Un ange ? Tirésias ? Ou tout simplement le symbole d’une jeunesse qui se doit d’obéir aux adultes et de respecter l’autorité ?

Marisa Pavan - Antigone - Image 03

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Lors de sa première apparition, Scourby nous présente l’intrigue de l’histoire ainsi que le passé et les caractéristiques de chaque personnage. Au fur et à mesure qu’il décrit les personnages, ceux-ci sont filmés… en gros plan ! Évidemment ! Car Schafffner aime les gros plans, comme nous pouvons le voir également dans “Dominique”. Scourby commente les actions qui sont sur le point de se dérouler avec un sens de l’humour particulièrement sarcastique et un jeu d’acteur absolument incroyable. Son talent comique est tellement inné qu’il parvient à nous faire rire sur des sujets tragiques. Lorsqu’il nous explique qu’Antigone est promise en mariage à Hémon : “Antigone and he are engaged to be married.”, il ajoute : “They… won’t be of course…” avec un demi-sourire et un ton ironiquement naturel, comme s’il parlait de quelque chose d’anodin, sa cigarette à la main pendant tout le long de la présentation des personnages. Après quelques minutes de narration, l’épisode commence. Les présentations de Scourby peuvent symboliser les actes d’une pièce sur le point d’être jouée, ce qui souligne une fois de plus cet aspect très théâtral de l’épisode mais en même temps, nous sentons cette présence de Schaffner et de sa caméra à l’épaule, prêt à capter la moindre expression faciale des acteurs, comme au cinéma, tandis que Scourby se glisse dans la peau d’un présentateur télé. Un mélange de styles très intéressant qui ne laisse aucun spectateur indifférent. Tous les acteurs sont habillés de façon très moderne par rapport au sujet de la pièce. Ce qui n’est pas le cas pour Marisa dans le film Solomon and Sheba (King Vidor, 1959) avec tous les costumes anciens. Ici, les acteurs et le narrateur portent des vêtements datant (à peu près) de l’époque de la Première Guerre mondiale. Vous remarquerez en visionnant les extraits que même le jeu des acteurs, et plus particulièrement celui des gardes, peuvent sans nul doute rappeler l’atmosphère de terreur qui régnait en Europe en 1942.

L’épisode est divisé en trois grandes parties, dont la principale, et la plus longue, est celle de la confrontation entre Antigone et Créon. Dans chacune des trois parties, le dialogue est l’élément le plus important et le plus valorisé dans l’épisode et il est mis en avant par un jeu dramatique intense de la part des acteurs qui sont tous très talentueux et convaincants dans la peau de leur personnage. Comme toujours, les dialogues et les nombreux gestes d’affection des personnages sont filmés selon des échelles de plan qui varient chaque minute. Schaffner commence généralement par filmer un duo de personnages de loin, puis se rapproche pour les filmer en plan moyen et finit sur des gros plans de leurs visages, avant de revenir en plan moyen. La fonction de zoom n’existait pas encore en 1956 et Schaffner avait une nette préférence pour les déplacements avec la caméra à l’épaule et ne devait pas beaucoup aimer les trépieds. Ces (très nombreux) gros plans font ressortir le talent dramatique et les expressions de Marisa.

Dans la première partie, Antigone se confie beaucoup à sa nourrice (jouée par Mildred Natwick) sur son intention d’enterrer Polynice malgré l’interdiction de son oncle. En présence de sa nourrice, Antigone apparaît presque comme une enfant. Elle est vive, maligne et un peu capricieuse, et désobéir ne lui fait pas peur ! Loin de là. Leur complicité est même filmée en gros plan ! (4) Elle fait même tourner sa nourrice en bourrique en lui faisant croire qu’elle a rencontré un autre homme.

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Lorsque sa sœur aînée Ismène (jouée par Felicia Montealegre) fait son apparition, elle se montre comme une femme beaucoup plus mature, la tête sur les épaules, et tente d’assagir sa sœur et de la convaincre qu’elle a tort de s’obstiner et d’enfreindre l’autorité. Antigone ne l’entend pas de cette oreille et part rejoindre son fiancé Hémon (joué par Paul Stevens). Malgré l’amour intense qui plane entre les deux personnages et un long moment de dialogues et de démonstrations affectives, Antigone lui ordonne de la quitter s’il l’aime vraiment mais sans explications rationnelles. À ce moment précis (et pas seulement à ce moment d’ailleurs… Pendant tout l’épisode !), Antigone n’a qu’un seul but en tête : enterrer son frère Polynice. (Clip n°1) Lorsqu’un garde s’empresse d’aller prévenir l’impétueux Créon, joué par la talentueuse légende britannique du cinéma et de la télévision Claude Rains, que quelqu’un était allé jeter une poignée de terre sur le corps de Polynice, celui-ci perd son calme, s’énerve contre le garde et ordonne que le coupable soit arrêté la prochaine fois.

Clip n°1 – Antigone et Hémon (Marisa et Paul Stevens)

Dans cette scène, Antigone manifeste devant son fiancé Hémon tout l’amour qu’elle lui porte, avec beaucoup d’intensité et de sincérité. Après lui avoir fait jurer de ne plus dire un mot et de partir si elle lui dévoilait deux secrets, Antigone lui annonce alors qu’elle s’était rendue chez lui l’autre soir, magnifiquement apprêtée, dans l’espoir qu’ils s’en aillent tous les deux et qu’elle devienne sa femme. Se rappelant par la suite son devoir moral et familial envers son frère Polynice, et se sachant déjà condamnée à mort, elle quitte alors Hémon sans explications, qui se retrouve complètement perdu et sous le choc.

La seconde partie débute lorsqu’Antigone, penchée sur le corps de Polynice et prise en flagrant délit de trahison, est arrêtée par les gardes du roi. Le garde principal, celui-ci qui a prévenu Créon et qui a arrêté Antigone, est joué par Clint Young. Son personnage ira même jusqu’à faire de l’humour mal placé devant la proclamation d’Antigone qu’elle est la fille du roi Œdipe. Antigone est alors amenée devant Créon et un long dialogue entre les deux personnages s’ensuit. Créon apparaît étonnamment calme face à Antigone qu’il considère plutôt comme une nièce têtue qui doit calmer immédiatement son tempérament enclin à la révolte. Filmés à la fois ensemble et séparément, et toujours selon l’échelle de plan variable et très particulière de M. Schaffner, Antigone et Créon se querellent pendant de longues minutes même si chacun reste campé sur ses positions. Antigone est, elle aussi, étrangement calme au début de la confrontation. Créon, quant à lui, sort tous les arguments possibles et imaginables pour persuader Antigone que son frère était un traître. Selon lui, il était un être sans pitié et violent envers sa propre famille. N’ayant que deux ans lors de la mort de Polynice, Créon ne peut pas croire qu’Antigone porte un réel amour à son frère et qu’elle est uniquement là pour le provoquer et défier son autorité. Tout en exposant ses arguments, Créon insiste sur le fait qu’il tient à sa nièce et qu’il l’aime. Il lui souhaite même une vie heureuse avec son fils Hémon, une belle vie qu’elle serait la seule à refuser par son entêtement. Même s’il se montre plutôt doux et compréhensif, Créon est formel : si sa nièce refuse d’obéir à la loi, il se verra obligé de la condamner à mort, et ce n’est pas ce qu’il souhaite. Cependant, Antigone reste sûre d’elle et continue de lui tenir tête. Son devoir est d’enterrer son frère et elle sait qu’elle le fera, peu importe les conséquences et peu importe si cela implique sa mort. Le jeu d’acteur de Marisa et de Claude Rains est ici tellement fort que je n’ai pas de mots pour le décrire. Il faut le voir pour le comprendre. Marisa est en mode révolte et provocatrice no-matter-what, et ses moments de silence face à Claude Rains lui permettent de préparer les arguments/répliques de son personnage qu’elle lui lancera à la figure. Le jeu de Claude Rains, quelque peu différent de celui de Marisa mais extrêmement réel et magnifiquement bien exécuté, nous montre un acteur/personnage à l’apparence calme mais au ton, regard et expressions faciales menaçantes qui nous mettent mal à l’aise et nous donnent envie de lui obéir, ce qui rend encore plus angoissant le déroulement de cette dualité. (Clip n°2) À ce propos, l’épisode est surtout construit sur la dualité et il est très rare que trois personnages ou plus tiennent un discours décisif pendant de longues minutes.

Clip n°2 – Antigone et Créon (Marisa et Claude Rains)

Dans cette scène, Créon tente calmement mais fermement de raisonner sa nièce Antigone et de la convaincre de renoncer à enterrer Polynice. Créon use de tous les arguments possibles et imaginables pour prouver à sa nièce que son frère était un traître et pour l’inciter à profiter de la vie heureuse qui s’offre à elle. Antigone reste relativement posée et silencieuse face à son oncle mais bouillonne de l’intérieur et reste néanmoins campée sur ses positions.

La troisième et dernière partie de l’épisode commence lorsqu’Antigone se met à crier de plus en plus fort à la tête de Créon comme si une bombe avait explosé en elle ! Sa révolte est au plus fort et ses cris alertent même sa sœur Ismène Ismène qui apparaît dans un tout autre état d’esprit que la première fois. Sans doute écoutait-elle aux portes… Ismène se range maintenant du côté d’Antigone et souhaite même enterrer Polynice seule, ce qui provoque une petite dispute de quelques secondes entre les deux sœurs. Ismène n’envisage pas la vie sans Antigone et se met instinctivement de son côté. Créon ordonne alors à ses gardes d’emmener ses nièces pour les condamner. Nous n’en saurons pas davantage sur le sort réservé à Ismène… Dans toutes les adaptations existantes du mythe d’Antigone, le destin d’Ismène varie. Peut-être a-t-elle été condamnée, peut-être s’est-elle suicidée avant, peut-être a-t-elle été graciée… (Clip n°3)

Clip n°3 – Antigone, Créon et Ismène (Marisa, Claude Rains et Felicia Montealegre)

Dans cette scène, Antigone se révolte violemment contre Créon en lui assurant qu’elle accomplira son devoir envers son frère, même si cela doit lui coûter la vie. Lorsque sa sœur Ismène fait son apparition, elle semble dans un tout autre état d’esprit en se révoltant également contre Créon et en se rangeant du côté de sa sœur. Créon ordonne alors à ses gardes d’emmener ses nièces afin qu’elles soient condamnées.

Lorsqu’Hémon apprend la condamnation d’Antigone, il s’empresse d’aller se présenter devant son père et le menace de se tuer si Antigone meurt. Créon agit alors de la même manière avec lui qu’avec Antigone, toujours en prenant un ton calme mais puissant et autoritaire. Ne semblant pas croire son fils, il le laisse partir. Nous voyons ensuite Antigone assise sous la structure en bois sur laquelle repose le corps de Polynice, attendant sa triste mort. Elle est calme mais anéantie… Elle se demande comment elle va mourir… Juste avant sa condamnation, elle prend soin de rédiger une lettre pour son amant. Lorsque vient son heure, les gardes l’emmènent et ses cris larmoyants prononçant les mots : “I’m not ready yet!” nous arrachent le cœur. L’épisode se termine sur la troisième et dernière apparition de Scourby qui nous conte la fin de l’histoire. La fin terrible, celle que l’on ne voit pas et que l’on ne veut pas voir… Antigone s’est pendue dans sa cave avec la ceinture de sa toge. Lorsque Créon est entré dans la cave, il a aperçu son fils Hémon agenouillé devant le cadavre de sa bien-aimée, la tête plongée dans les étoffes de sa robe et s’est poignardé dans le ventre devant lui.

Aucune musique n’accompagne les actions de la pièce dans cet épisode. Les changements de scènes, d’ambiances et les moments forts de l’histoire comme l’arrestation d’Antigone par les gardes ou encore sa condamnation à mort sont ponctués de frappements de tambours. Fidèles à la pièce d’Anouilh, les décors sont très simples : un plateau central comme nous pouvons en trouver dans les studios de télévision, une structure en bois arrondie, quelques échelles, des rideaux transparents, quelques chaises et un bureau blanc qui fait office de palais du roi. Tout est disposé sur le plateau et chaque coin correspond à un lieu : la chambre d’Antigone, l’extérieur où est exposé le corps de Polynice et le royaume de Créon. Les personnages sont tous habillés en noir et blanc pour respecter la simplicité de l’atmosphère de la pièce d’Anouilh. Les dialogues sont un mélange de phrases soutenues et authentiques et d’expressions modernes souvent bien connues des relations père-fille ou oncle-nièce comme lorsque Créon dit à Antigone : “Go to your room!” avec une autorité naturelle. La simplicité et l’authenticité de l’œuvre d’Anouilh sont ainsi représentées dans l’épisode à travers lequel nous remarquons l’originalité des plans de Schaffner et la mise en scène télévisuelle typique des séries et programmes dramatiques des années 1950, avec un narrateur/présentateur et une distribution d’acteurs.

Marisa ou Antigone… Celle qui a osé dire « NON ! »

Âgée de 24 ans à l’époque du tournage, Marisa interprète… (Allez, j’ai fait exprès de ne jamais le mentionner plus haut…) Antigone ! Le rôle principal de l’épisode avec celui de Créon ! C’est un rôle que je trouve fait pour elle car sa personnalité fait écho à celle du personnage d’Antigone sur de nombreux points. Marisa m’a souvent confié qu’elle avait toujours été de nature révoltée dès son plus jeune âge. Elle ne supportait pas qu’on lui dise quoi faire et quelle attitude adopter. « J’étais révoltante avec mon père… Je n’aimais pas qu’il me dise quoi faire ! » raconte Marisa. Elle n’aimait pas non plus se faire embobiner par les studios. « J’avais déjà mon petit caractère… ». Ainsi, Marisa se glisse dans la peau du personnage d’Antigone avec une aisance digne des plus grandes actrices dramatiques. (5, 6, 7 et 8) Deux personnalités (presque) identiques se rencontrent et donnent lieu à une sincérité des actes, paroles et émotions à l’écran. Le jeu de Marisa n’a jamais été aussi intense que dans cet épisode. Nous avons l’impression de voir une actrice dramatique professionnelle avec de longues années d’expérience derrière elle. À l’époque du tournage, Marisa avait déjà tourné sept films et quatre épisodes. Elle est un vrai prodige dans “Antigone” car étant elle-même Italienne et une ‘amoureuse’ de l’époque classique de par ses études de latin et de grec en Italie et son goût prononcé pour la musique classique, elle fait ressortir tout le côté théâtral de l’épisode par son jeu, sans pour autant prendre le dessus et ‘voler la vedette’ à Claude Rains et aux autres acteurs. Sa performance est exceptionnelle, et de par ses expériences passées et sa personnalité forte mais sensible, elle a su interpréter à la perfection celle qui a osé dire « NON ! » à Claude Rains.

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Opinion personnelle

C’est avec grand plaisir, émotion et enthousiasme que je vous recommande cet épisode dans lequel tous les acteurs, et en particulier Marisa et Claude Rains, nous livrent une performance dramatique incroyable. Cet épisode fera surtout le bonheur des passionnés de théâtre et de littérature mais aussi de ceux passionnés de cinéma et de télévision, avec une mise en scène et des plans qui positionnent le spectateur très proche physiquement et émotionnellement des personnages/acteurs. Pour toutes les personnes qui souhaitent voir la profondeur du talent dramatique de Marisa, cet épisode saura vous combler !

La seule chose que je regrette est l’absence de musique (oui, j’aime énormément la musique dans les films !) et j’aurais apprécié voir plus de scènes, de déplacements et d’actions physiques de la part des personnages.

Quelques mots de Ralph Schiller sur “Antigone”…

Admirateur de longue date de Marisa et de sa sœur jumelle, l’actrice Anna Maria Pierangeli (connue mondialement sous le nom de Pier Angeli), Ralph Schiller, auteur du livre The Complete Films of Broderick Crawford (publié en 2016), a très gentiment accepté de partager avec moi son opinion en tant qu’auteur, cinéphile et passionné de l’âge d’or hollywoodien au sujet d’ “Antigone” et du rôle de Marisa dans l’épisode.

Voici sa critique :

« “Antigone” est une présentation moderne et avant-gardiste de la tragédie grecque de Sophocle, tournée avec un minimum de décors plutôt simples et des acteurs portant des habits du début du XXème siècle, mais l’épisode n’en est pas moins remarquable ! Le narrateur (en costume et cravate modernes) est brillamment interprété par l’homme à la voix d’or : Alexander Scourby. Claude Rains, véritable légende du grand (et petit) écran, joue le rôle du pragmatique roi Créon, un rôle fait pour lui. Marisa Pavan, quant à elle, nous donne une interprétation absolument éblouissante et déchirante de la princesse Antigone, maudite par le sort. Le second tiers de la pièce se trouve être une superbe scène de confrontation entre Claude Rains, à la voix majestueuse, et Marisa Pavan. Rains est toujours un meneur en ce qui concerne les écrans ou la scène, mais avec Marisa Pavan, leurs talents respectifs se mélangent, faisant ainsi l’éloge dithyrambique des deux acteurs dans cette séquence tout du moins explosive et au jeu plein de mépris de la part des deux personnages. Ainsi, à l’âge de 24 ans, Marisa Pavan atteint l’apogée de sa beauté et est déjà une actrice accomplie. »

(Critique traduite de l’anglais au français par Margaux Soumoy)

Anecdotes et souvenirs de Marisa

Je tiens tout d’abord à remercier Marisa du fond du cœur pour m’avoir fait découvrir “Antigone”, que je n’avais pas eu l’occasion de retrouver lors de mes recherches. Merci également à Jean-Claude Aumont d’avoir fait graver l’épisode sur DVD. J’ai pu ainsi le graver à mon tour sous un fichier vidéo et le visionner depuis mon ordinateur quelques semaines après ma visite chez Marisa. C’est donc avec plaisir que je vous en présente trois extraits dans cet article. N’hésitez pas à me contacter à travers le site si vous souhaitez regarder l’épisode en entier.

En se remémorant le tournage de cet épisode, Marisa m’a fait part de quelques anecdotes plutôt surprenantes :

« J’étais si stressée et nerveuse à l’idée de tourner cet épisode en direct, et pendant une heure en plus, que j’en étais presque malade. C’est une expérience encore plus difficile que de tourner un film car il n’y a pas de deuxième prise possible et tout se déroule d’un seul coup. J’étais tellement angoissée que je suis allée voir un médecin qui m’a donné un calmant juste avant le tournage. Malheureusement, le calmant a eu un effet beaucoup trop relaxant sur mon esprit quelques minutes avant que le tournage ne commence et j’ai failli en oublier mon texte ! Vous vous rendez compte ?! Le médicament a eu un effet indésirable et je peux vous dire que j’étais complètement prise de panique et bien plus stressée par ces trous de mémoire de dernière minute que par mon premier stress. C’était insupportable ! Le tournage s’est finalement bien passé, tout d’une seule traite et en compagnie de gens charmants. Une fois que l’on est lancé dans son texte et dans son personnage, on ne pense plus à rien d’autre qu’à son travail. Je suis retournée voir mon médecin après le tournage en lui disant : ‘C’est bien la dernière fois que vous me faites un coup pareil ! Je ne veux plus jamais revivre ça !’ »

Marisa n’oubliera pas de mentionner l’extrême gentillesse et sensibilité de Claude Rains, avec qui elle a partagé des scènes dramatiques intenses et magnifiquement bien jouées.

Sources

Auteure de l’article : Margaux Soumoy

Épisode télévisé

The Kaiser Aluminum Hour “Antigone” (Saison 1, épisode 5). Réalisé par Franklin Schaffner, produit par Worthington Miner et Franklin Schaffner, scénario de Lewis Galantiere, basé sur la pièce Antigone de Jean Anouilh, Unit Four Productions, National Broadcasting Company (NBC), États-Unis, 11 sept. 1956, langue. Anglais, noir et blanc, 60 min

Distribution : Claude Rains (Créon), Marisa Pavan (Antigone), Mildred Natwick (La nourrice), Alexander Scourby (Le narrateur), Paul Stevens (Hémon), Clint Young (Un garde), Felicia Montealegre (Ismène)

Épisode gravé sur DVD par Jean-Claude Aumont

Épisode sur DVD fourni par Marisa Pavan Aumont

Épisode sur DVD gravé sur fichier vidéo par Margaux Soumoy

Création et montage vidéo : Margaux Soumoy avec Movie Maker sur Windows 10

Création du GIF (Graphics Interchange Format) : Margaux Soumoy avec Giphy

Captures d’écran : Margaux Soumoy

Référence académique

Hawash, Mohamed El-Sayed. « Le Mythe d’Antigone chez Sophocle et Jean Anouilh », oct. 1976, Networked Digital Library of Theses and Dissertations, p. 1-14, p. 41-44

Entrevues et commentaires

Pavan Aumont, Marisa. Entrevue avec Margaux Soumoy, 22 sept. 2016, téléphone

Schiller, Ralph. Critique de l’épisode « Antigone », 2 déc. 2016, Messenger sur Facebook

Sites

Needham, Col. Internet Movie Database, 17 oct. 1990

http://www.imdb.com/title/tt0618436/

http://www.imdb.com/title/tt0048880/

http://www.imdb.com/name/nm0769874/

The Classic TV Archive

http://ctva.biz/US/Anthology/KaiserAluminumHour.htm

Monnier, Maël. « Le mythe d’Œdipe – Qu’est-ce que c’est le mythe d’Œdipe ? – Antigone de Jean Anouilh – Bac de Français », Page d’accueil de Maël, 2 fév. 2003

http://mael.monnier.free.fr/bac_francais/antigone/mytheoedipe.htm

Busnel, François, et al. « Antigone, celle qui a dit non – Les Grands Mythes », Arte, 31 août 2016

http://sites.arte.tv/grands-mythes/fr/antigone-celle-qui-dit-non-grands-mythes

Marteinson, Peter. « Anouilh – ANTIGONE », french.chass.utoronto.ca, 1998

Détails techniques

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Dimensions des captures d’écrans

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